Biodiversité : l’Europe veut adopter des mesures contraignantes pour les États

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Le Parlement européen doit adopter ce mercredi 9 juin des mesures contraignantes pour protéger la diversité biologique, en déclin sur tout le continent. Et rattraper dix ans de promesses non tenues des États.

Mardi 8 juin 2021, le Parlement a adopté une résolution sur « la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 : ramener la nature dans nos vies » par 515 voix pour, 90 contre et 86 abstentions.

Elle est destinée à répondre à la crise actuelle de la biodiversité en Europe et dans le reste du monde.

Comment va la vie sauvage en Europe ?

Mal. La Baltique est presque morte, polluée à 96 % de métaux lourds et de chimie agricole. Les stocks de saumon ont chuté de 75 % ces deux dernières décennies et 63 % des espèces d’oiseaux sauvages sont menacées d’extinction. L’Union européenne n’a atteint aucun des vingt objectifs de protection de la diversité biologique qu’elle s’était fixés en 2010, lors du sommet d’Aïchi (Japon). Comme le reste du monde d’ailleurs, qui se réunit au sommet en Chine, en octobre. Pour faire mieux ?

Quel est le plan de bataille de l’UE ?

Depuis un an, le commissaire à l’Environnement, le Lituanien Virginijus Sinkevicius, a élaboré une stratégie d’une centaine de mesures, fondées sur les recommandations de l’IBPES, l’organisme de scientifiques qui épaule les Nations unies en matière de biodiversité. La mesure phare est de sanctuariser 30 % des surfaces terrestres et maritimes en aires protégées (contre 15 % actuellement).

Sinkevicius propose aussi d’améliorer l’état écologique des sols, de planter trois milliards d’arbres d’ici à 2030 et de veiller sur les vieilles forêts européennes : Notre bien commun », ​insiste le Commissaire qui pense débloquer 20 milliards d’euros par an ».

Qu’en pensent les députés européens ?

La majorité reprend et salue ces propositions « ambitieuses » de la Commission. Mais après que les engagements volontaires ​(des gouvernements) se sont avérés inefficaces, nous plaidons pour des objectifs contraignants », ​a insisté le socialiste espagnol César Luena, rapporteur lundi 7 juin, lors du débat. Nous voulons une loi Biodiversité, comme nous avons une loi Climat. Il n’y a pas de temps à perdre dans l’inaction : un million d’espèces sont en danger d’extinction. ​L’eurodéputé défend aussi un Erasmus vert ​avec un meilleur enseignement de l’écologie scientifique.

Qui est plus frileux ?

Le rapporteur espagnol est optimiste : sa proposition devrait être adoptée ce mercredi 9 juin au matin, mais il s’attend à quelques amendements de la droite​. Si les conservateurs reconnaissent le consensus scientifique sur le péril pour notre biodiversité​, la Française Agnès Evren (Les Républicains) ajoute un mais, tout ceci devra être réalisé avec […] nos agriculteurs, pêcheurs, exploitants de forêts et toutes les filières qui en découlent.

Ce mais ​fait tiquer des écologistes qui voient pointer la puissance de freinage des lobbys industriels.

Ouest-FranceChristelle GUIBERT.

Modifié le 09/06/2021 à 09h47 

Publié le 08/06/2021 à 20h06