Biodiversité : le Parlement européen appelle l’UE à se doter d’objectifs contraignants

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Le Parlement européen a appelé jeudi l’UE à se doter d’objectifs contraignants en matière de biodiversité, afin de promouvoir une telle approche au niveau mondial lors de la prochaine conférence mondiale sur la biodiversité (COP15).

Dans une résolution adoptée à main levée, les eurodéputés invitent la Commission européenne, en charge de proposer la législation, à « adopter une nouvelle approche face à la crise mondiale de la biodiversité » en abandonnant les « engagements volontaires » en faveur d’objectifs « juridiquement contraignants pour l’Union et ses Etats membres ».

Cette stratégie devra intégrer « des objectifs spécifiques pour la conservation et la protection des espaces naturels et la restauration des écosystèmes dégradés d’ici 2030 », à la fois au niveau européen et au niveau mondial.

La résolution plaide pour un objectif de « 30% de zones protégées pour 2030 et de restauration de 30% d’écosystèmes dégradés ». 

Elle demande également d’allouer au minimum 10% du prochain budget pluriannuel de l’UE à des efforts visant à améliorer la biodiversité. 

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’est engagée, dans le cadre de son « Pacte vert » pour l’Europe, à élaborer au cours des 100 premiers jours de son mandat, une stratégie pour la biodiversité à l’horizon 2030.

Selon le Parlement, l’UE doit « jouer un rôle moteur » au sein de la Convention pour la biodiversité biologique (CBD) lors de la 15e réunion de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique (COP15), qui se tiendra à Kunming en Chine, en octobre.

Il faut « évoluer vers des pratiques agricoles, forestières et piscicoles durables grâce à un meilleur soutien des professionnels », et « évaluer de façon approfondie le rôle des villes et mieux les inclure dans la définition et la mise en oeuvre des politiques de protection de la biodiversité », a expliqué la Française Agnès Evren, rapporteure pour le PPE (droite). 

La résolution rappelle les conclusions des experts biodiversité de l’ONU (IPBES). Dans un vaste rapport publié en mai, ils soulignaient le rôle de l’agriculture, la déforestation, la pêche, la chasse, le changement climatique, les pollutions et les espèces invasives, dans la dégradation accélérée de la nature.