Le PE appelle l’UE à parler d’une seule voix à la COP25 et demande un objectif 2030 de 55% dans le Green Deal

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Bruxelles, 28/11/2019 (Agence Europe)

Le Parlement européen souhaite que l’UE soit chef de file lors des négociations climatiques internationales qui vont débuter à Madrid (2-13 décembre) et y parle d’une seule voix, ainsi qu’en témoigne la résolution qu’ont adoptée les députés européens sur la COP25, jeudi 28 novembre. 

Le texte ambitieux, approuvé à une large majorité, reprend les recommandations de la commission de l’environnement (EUROPE B12378A5, EUROPEB12364A23). 

Le PE exhorte l’UE à soumettre dès que possible à l’UNFCCC sa stratégie de long terme visant à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.

Pour y parvenir, les députés estiment que l’UE devrait porter son objectif 2030 à une réduction de 55% de ses émissions par rapport à 1990 (au lieu d’au moins 40%). Partant, ils appellent la nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à inclure cet objectif de 55% dans le Green Deal européen. 

Pour les députés, la COP25 doit servir à définir un nouveau niveau d’ambition, tant pour ce qui concerne la mise en œuvre de l’Accord de Paris que les prochaines NDC, qui devraient refléter un niveau d’engagement accru pour l’action climatique dans tous les secteurs sur terre et dans les océans. 

Les députés estiment que les pays de l’UE devraient, au minimum, doubler leurs contributions au Fonds vert pour le climat. Ils soulignent que les ressources publiques et privées mobilisées par les pays développés pour la finance climat sont encore en deçà de l’engagement qu’ils ont pris de mobiliser collectivement 100 milliards de dollars par an à compter de 2020.

Ils demandent instamment à tous les pays de l’UE de supprimer progressivement toutes les subventions directes et indirectes en faveur des combustibles fossiles d’ici 2020. 

 Tous les paragraphes du texte qui préconisaient l’interdiction du nucléaire ont été supprimés.

Les députés estiment que tous les pays devraient inclure les émissions des transports aérien et maritime internationaux dans leurs projets de contributions déterminées au niveau national.

« Nous avons adopté aujourd’hui une position ambitieuse pour la COP25. Il est essentiel que l’Union européenne joue son rôle de leadership dans ce domaine avec des objectifs chiffrés ambitieux et réalistes », a déclaré Agnès Evren (PPE française).

Michaela Šojdrová (PPE, tchèque) a expliqué son vote d’abstention par son soutien à des objectifs ambitieux et aux États membres qui réduisent leurs émissions, mais par l’impossibilité pour elle de soutenir le relèvement à 55% de l’objectif 2030 «sans savoir quel en sera l’impact ».

Angel Dzambaki (CRE, bulgare) a voté contre, estimant que ce texte « porte atteinte à la souveraineté des États », que le niveau d’ambition unilatéral de l’UE « conduira à la destruction des systèmes de protection sociale et aura un impact négatif sur les entreprises avec un risque de délocalisation ».

« Pour la décarbonisation 2050, tous les amendements demandant une étude d’impact ont été rejetés – preuve qu’on ne prête pas attention aux coûts de ces politiques », selon Robert Rowland (non inscrit britannique), dénonçant une « ignorance économique »(Aminata Niang)

Agence France Presse